Textes :

- Zéno Bianu
- Daniel Dobbels
- Philippe Bataille

Travaux récents :

Oeuvres hors série 2012
Racines 2012
Fanfare fragile 2011
Le feu des fleurs 2011
Suite bleue for Charles 2011
Suite noire for Charles 2011
Suite rouge for Charles 2011
sans titre 2011

(+ suite des oeuvres)


Période 2000/2005 :


Dans le feu du bleu 2005
Little dance for Elsa 2005
Muraille 2004
Au vif du monde : viande 2004
Coeur de la pierre 2004
Au vif du monde : la chair et l'esprit 2004
Tige 2003
Pour Elvin Jones 2003
Katakali 2003
Taillis 2003
Verger 2004
Le vide masque le vide 2003
Racine 2002
Gerashim 2002
Song for bird 2002
Bérenice 2002
Parcours du vide 2002
Approche 2002
Le coup engendre le couteau 2002
Visage-vestige 2001
Galilé 2000
Song for Thélonius 2000
Recherche du cahier 2000
Le cri 2000
Visage 2000
Au vif
du monde : blessure 2000

Période 1992/1999 :


Bourasque 1999
Espace-Temps 1999
Jonas 1999
Précipice 1999
Forge 1999

(+ suite des oeuvres)

 

 

Pour Marc Feld, la peinture n’est pas une technique (ou si peu), mais un surgissement – le lieu d’une présence tremblée, le lieu sans lieu de la rencontre avec les grands morts.
Un surgissement vertigineux, inépuisable.
La peinture est un surgissement inexplicable, sauf par elle-même.
« Le peintre est un aveugle qui voit », disait Bram van Velde.
Ici, tout le corps voit – précisément ce que les autres ne voient pas.
Les êtres et les choses en leur centre d’inquiétude.
Qu’il célèbre la pulsation d’Elvin Jones par des « consumations »,
ou refasse et défasse, dans une recherche continue d’intensité,
le « bœuf écorché » de Rembrandt et de Soutine,
Marc Feld se re-connaît dans la peinture.
Il se re-connaît dans ce qu’il n’a pas voulu.
Ou voulu tant et si fort qu’il n’en savait rien.
Jusqu’à s’abandonner. S’il ne peint pas,
il n’est pas lui-même. Tout simplement – et splendidement.
La peinture ? Une naissance sans fin de l’impossible.
« Le reste ? Je n’ai pas de talent pour ça », répondait Van Gogh.

Zéno Bianu

Comme obéissant à une injonction muette, d’autant plus impérative qu’elle semble parcellaire, chargée d’un air que la couleur précise- et, pré-incise. Cela se taille.
L’attente n’est plus de ce temps – et, pour cette raison, il peint…
Marc Feld peint pour ne plus forcer l’attente. Vers ce centre éculé, raclé, brûlé bas, touché par des yeux fous de délicatesse…
Peinture à contre temps. Interdisant tout faux mouvement, interdite à tout faussaire comme à tout fossoyeur. L’art, en ces instants, consiste à conjurer ce qui n’arriverait qu’en désespoir de cause ; les gestes ne peuvent qu’y être nus.
Nu comme un liseré rouge dessinant l’inimitable limite que le feu abandonne au froid, que le gel abandonne à la main et aux pouvoirs de l’empreinte, au sabot, à la bouse, à la pureté animale, à l’inaliénable géométrie que les boues ne recouvrent pas.
Surgissant d’un bas-fond qui n’est pas de cette terre mais se recueille en elle.


Daniel Dobbels