Au plaisir des jouets
L'homme qui penche
Au vif du monde
Pour Elvin Jones
L'empreinte de Thomas Bernhard
Magicosmologie
Le pays des fantômes
La répétition des erreurs
Un magicien
Une fois un jour
La ferme du garet
Le journal d'un manoeuvre
Finalement quoi
Le lumbago chez Baudelaire
Vie de famille
Flaschko (101 mélodrames assis)
Le retour du martinet
Kratochvil
Moulin à parole
C'est la vie
La malédiction de la famille Guergand




La répétition des erreurs



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Production et distribution

D’après : « La Comédie des erreurs »
De : William SHAKESPEARE
Adaptation et textes additionnels : Claude DUNETON

Et “La raison”
De Pascal Quignard

Conception et adaptation pour la scène : Marc FELD et Claude DUNETON

Mise en scène MARC FELD

Scénographie JEAN MARC STEHLE
Assisté de CATHERINE RANKL

Costumes et Accessoires ARIELLE CHANTY
Assisté de JUSTINE VIVIEN et BRUNO JOUVET

Lumière DENIS MONMARCHE

Musique RICHARD AXON
Bande son enregistrée : Richard AXON (violon), Gérard BARREAUX (accordéon)

Créateurs vidéo JEAN JACQUES N’GUYEN et MARC FELD
Montage VINCENT MOUTOT

Avec 
PAULA ASCENSAO
RICHARD AXON
JACQUES BONNAFFE
NATACHA CASHMAN
JACQUES DENIS
FABRICE LOTOU
BERNARD MENEZ
EMMANUELLE RAMU
SYLVAIN THIROLLE
GAËTA N VASSART

Production 
Théâtre National de Chaillot
Le CADO – Centre National de Création d’Orléans
L’Espace Jean Legendre, Théâtre de Compiègne
La Compagnie du Théâtre du Maraudeur
Avec la participation artistique du JTN.

 

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Présentation

La répétition des erreurs est une comédie au tragique intégré. Elle évolue dans un monde qui se défait, qui rate son coup, qui s’inonde de solitude, mais joyeusement, en vaudeville, dans le rire, les éclats de la farce qui anime perpétuellement le monde… Un monde qui s’écroule dans ses illusions, trébuche sur ses imperfections, sur sa quête d’identité, se roule dans sa philosophie et tente finalement de rassembler des images incohérentes à la lumière de sa raison misérable. Le spectacle voyage, il mêle deux textes d’époque et de styles différents, il fait face aux anachronismes et à la confusion des genres. Il donne l’assaut à des moulins à vent. Il est bâti sur des ruines toutes neuves, « des balbutiements de ce qui à été », en même temps que la vie qui pousse, qui fait « la matière de nos rêves » ; Céline à dit : « point d’art possible sans danse avec la mort » Claude Duneton


Crissement de larsen, la costumière s’affole. Le metteur en scène relit ses notes, la traduction est presque finie, le spectacle pratiquement « au point ». Le rythme de la répétition ultime s’emballe, comme celui de la première farce de Shakespeare, La Comédie des erreurs. Imbroglios de couples de jumeaux, de maîtres, de valets et de familles dispersées lors d’un naufrage, déluge originel, la comédie agitée confine sans cesse aux lisières de la folie. Le grand Will y dépeint les mésaventures du marchant Egeon, aidé de son fils Antipholus et du valet de celui-ci Dromion, à la recherche de son deuxième garçon, qui se prénomme également Antipholus, et qu’accompagne un valet du même nom de Dromion. De quoi devenir fou. Claude Duneton adapte l’œuvre pour des tréteaux presque forains ; spectacle en chantier avec retournements, coups de théâtre, jeux de miroirs et mises en abîmes perpétuelles, quiproquos enfilés en poupées gigognes et dérapages peu contrôlables.
Marc Feld, avec la précision chirurgicale d’un horloger, organise la débâcle vaudevillesque et shakespearienne, dans laquelle il injecte La Raison, texte de Pascal Quignard qui intervient « en contre-point, en contre-chant. » L’écrivain contemporain évoque les recherches d’un philosophe errant dans la Rome antique, interrogeant le trafic d’influences de la lucidité sur toute action humaine. « Nul n’est bon volontairement » conclut-il. Ses questionnements acculeront l’homme à se trancher la gorge, armé d’un miroir. Dans les décors de Jean-Marc Stehlé, alliant ruines mouvantes et projections d’actuels ports méditerranéens, les catastrophes émaillent le déroulement de la fausse répétition. La folie gagne le plateau comme les esprits, et les temps s’entrechoquent. De la farce élisabéthaine à l’essai de Quignard, les échos se répercutent et se répondent, telles des toiles de maîtres du XVIè et d’aujourd’hui présentées dans une même exposition.
Pierre Note

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